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L’atelier Correlieu

En 1890, Ozias Leduc entreprend la construction de son atelier avec l’aide de son père. Correlieu est une vieille expression de marine utilisée pour indiquer que l’on tenait «corps et lieu» sur un navire durant une traversée. Leduc avait découvert que ce nom avait été donné au vaisseau La Petite Hermine lors du second voyage de Jacques Cartier. Le peintre a indiqué ailleurs qu’il avait été inspiré pour ce nom par une énorme roche en forme de proue de navire qu’il avait observée au pied d’un éboulis du mont Saint-Hilaire. Dans son cahier des visiteurs, l’artiste inscrivit à la première page que Correlieu est « l’endroit où le cœur est en tout, aux amis et à leurs amis qui visitent l’atelier de l’artiste qui l’habite. ». L’atelier était une modeste habitation de bois peint. À l’origine, ce n’était qu’un petit atelier carré sans les deux appentis et les pièces du fond. Puis elle fut agrandie au fil des ans et à l’occasion du mariage de l’artiste. La pièce principale mesurait environ sept mètres par huit. En pénétrant dans l’atelier, on se trouvait devant deux petits appentis latéraux dont l’un servait probablement de chambre noire pour les travaux de photographie de l’artiste tandis que l’autre était une remise pour le matériel de peinture et les toiles qu’il désirait conserver. On arrivait ensuite à la pièce centrale, l’atelier. Une cuisine et une chambre complétaient la bâtisse, avec au fond, une petite toilette dans la partie la plus basse.

Avec le temps, l’atelier d’Ozias Leduc acquit un caractère mythique pour tous ses visiteurs. Ozias Leduc était très hospitalier. Plusieurs écrivains, musiciens, peintres, artistes et amateurs d’art s’y sont rendus pour le visiter. Au cours des années 1940 et 1950, alors qu’il était devenu une véritable légende, l’atelier était fréquenté aussi bien par les artistes d’avant-garde tels Paul-Émile Borduas, Jean-Paul Riopelle, Fernand Leduc, Françoise Sullivan, Ulysse Comtois que par des artistes traditionalistes comme Rodolphe Duguay, le sculpteur Henri Hébert, ou des écrivains modernistes comme Guy Delahaye, Marcel Dugas, Robert de Roquebrune.

Cet atelier était situé à l’arrière de sa maison natale, à l’entrée d’un très grand verger qui s’étendait jusqu’au pied de la montagne. Correlieu fut démoli en 1983 après avoir été ravagé par un incendie.

P12 - BNQ-M74-7 - Correlieu cube

La Maison Familiale

Quelques années après son mariage, vers 1913, Ozias Leduc dessine les plans de cette maison-atelier qu’il veut construire sur la propriété qu’il a héritée de son père Antoine Leduc. Il n’en commencera la construction qu’à compter de 1916. Son but était d’y installer un nouvel atelier plus confortable que celui de Correlieu, qu’il avait construit en 1890. Il utilisa cet atelier, situé à l’étage, côté Nord, des années 1920 jusqu’au début des années 1940.

La lenteur légendaire de l’artiste, son manque d’argent, la crise économique et les difficultés familiales feront qu’en avril 1938 il vendra cette maison à son frère Ulric. À sa mort, en 1955, la maison n’était toujours pas terminée. En dehors de l’ajout d’un garage dans les années 50, la maison n’a subie aucune transformation. La cuisine, la salle à manger et le salon sont tels qu’ils étaient à l’époque d’ozias Leduc. Une autre particularité intéressante qui démontre l’ingéniosité d’Ozias Leduc réside dans le réservoir à eau, creusé sous la maison et alimenté d’eau de source provenant de la montagne. Ce réservoir a permis à la maisonnée de s’alimenter en eau potable avant même que ce service ne soit disponible dans la campagne de Saint-Hilaire.

Cette maison est demeurée dans la famille Leduc jusqu’à son acquisition en 2006 par un généreux donateur qui l’a immédiatement cédée au Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire. En effet, en décembre 2006, sur les recommandations de son ami le peintre-sculpteur André Michel, fondateur et président du Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire, le comédien Marcel Leboeuf achète terrain et maison de la petite nièce d’Ozias Leduc, madame Simone Leduc Lamy pour en faire don immédiatement au Musée. Aujourd’hui, cette maison est un centre d’interprétation destiné à faire connaître l’œuvre et la pensée de ce maître, affectueusement nommé «le sage de la montagne» par ses contemporains. 

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